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Les algues bleu-vertFoire aux questions sur les cyanobactéries
Impact écologique et propagation
Eau potable – Système de traitement
Prévention – restauration – correction
Information généraleQ1 : Que sont les algues bleu-vert?Les algues bleu-vert sont des microorganismes. Elles sont classées dans le même groupe que les bactéries, lesquelles sont reconnues comme étant plus primitives que les algues. Pour cette raison, les algues bleu-vert sont également appelées « cyanobactéries ». Toutefois, les algues bleu-vert possèdent d’importantes caractéristiques communes avec les algues, dont des pigments dans leur cellule qui permettent la photosynthèse. L’appellation « bleu-vert » est attribuable à leurs pigments bleus (phycocyanine) et verts (chlorophylle), qui dominent chez la plupart des espèces. Les algues bleu-vert font partie de la communauté phytoplanctonique du milieu aquatique. Q2 : D’où viennent les algues bleu-vert?Les algues bleu-vert seraient les plus vieux microorganismes apparus sur Terre. Elles seraient présentes depuis environ 3,5 milliards d’années. Les algues bleu-vert auraient alors changé les gaz toxiques de l’atmosphère en oxygène. Q3 : Est-ce que tous les végétaux en milieu aquatique sont des algues?Non, pas tous. Certains végétaux sont des algues et d’autres sont des plantes aquatiques. Dans le langage courant, les deux groupes sont souvent confondus, à tort, sous le nom « d’algues », malgré leurs caractéristiques différentes. Les algues d’eau douce sont en majorité microscopiques. Cela signifie qu’une seule de ces algues, soit un individu, ne se voit pas à l’œil nu. Les algues microscopiques qui vivent librement dans l’eau constituent le phytoplancton. Celles qui recouvrent des roches ou des objets peuvent former des amas apparents : le périphyton. D’autres algues sont macroscopiques; il s’agit des algues filamenteuses et des algues qui ressemblent à des plantes aquatiques. Quant aux plantes aquatiques, elles sont toutes macroscopiques, c’est-à-dire visibles à l’œil nu. De plus, ces végétaux ont des tissus spécialisés formant des parties reconnaissables, soit des feuilles, des tiges et des racines qui renferment des vaisseaux. Ces vaisseaux transportent l’eau et les sels minéraux qui servent à nourrir la plante. Les plantes aquatiques sont donc plus complexes et plus évoluées que les algues. Q4 : Qu’est-ce qu’une fleur d’eau d’algues bleu-vert?Une fleur d’eau correspond à une densité si importante d’algues bleu-vert que le phénomène est généralement visible à l’œil nu. Cette densité peut alors atteindre des dizaines de milliers à plusieurs millions de cellules par millilitre. Lorsqu’une fleur d’eau d’algues bleu-vert s’entasse à la surface de l’eau, souvent près du rivage, elle est appelée « écume ».Q5 : Comment puis-je reconnaître une fleur d’eau d’algues bleu-vert?Les fleurs d’eau sont souvent vertes ou turquoise. Parfois, elles tirent sur le rouge, le jaune, le brun ou le blanc. Elles ressemblent souvent à :
Certaines fleurs d’eau s’étendent sur tout un plan d’eau, alors que d’autres ne touchent qu’un secteur précis, par exemple une baie dans un lac ou un tronçon de cours d’eau. Pour plus d’informations, consulter la fiche Catégorie de fleurs d’eau d’algues bleu-vert ou le Guide d’identification de fleurs d’eau d’algues bleu-vert. Q6 : Les fleurs d’eau sont-elles toujours dominées par les algues bleu-vert?Il existe des fleurs d’eau dominées par d’autres algues du phytoplancton. Par contre, celles qu’on observe le plus souvent sont les fleurs d’eau d’algues bleu-vert. Q7 : Pourquoi les fleurs d’eau d’algues bleu-vert ne sont-elles pas toujours visibles en surface?Certaines espèces d’algues bleu-vert ont la capacité de se déplacer verticalement dans la colonne d’eau. Cette capacité est appelée « flottabilité ». Elle permet aux algues bleu-vert de se placer à la profondeur où des conditions telles que la quantité de phosphore ou l’intensité de la lumière sont optimales. En fait, la nuit ou le matin, les eaux sont généralement très calmes, ce qui favorise la flottabilité des algues bleu-vert en surface. Lorsque les vents se lèvent suffisamment, ceux-ci brassent les eaux et dispersent verticalement les algues bleu-vert dans la colonne d’eau. C’est ce déplacement vertical qui peut se produire lorsqu’une fleur d’eau tend à disparaître, par exemple en après midi, et à réapparaître souvent le matin suivant. Bref, si vous ne voyez plus une fleur d’eau en surface, cela ne signifie pas automatiquement qu’elle soit absente du milieu. Q8 : Est-ce que toutes les fleurs d'eau sont toxiques?Non. D’une part, les fleurs d’eau ne sont pas toutes dominées par des algues bleu-vert. Les fleurs d’eau d’autres algues ne produisent pas de toxines. D’autre part, lorsqu’il s’agit d’une fleur d’eau d’algues bleu-vert, la probabilité qu’elle soit toxique ou qu’elle le devienne est assez élevée. En fait, le potentiel de toxicité d’une fleur d’eau d’algues bleu-vert peut varier selon :
La toxicité peut varier beaucoup d’un endroit à un autre dans le même plan d’eau et aussi d’un moment à un autre. La prudence est donc de mise. Précisons que la toxicité d’une fleur d’eau est généralement beaucoup plus élevée lorsque celle-ci se présente sous la forme d’une épaisse écume accumulée en surface ou entassée notamment près de la rive. Q9 : Quels sont les types de toxines produites par les algues bleu-vert?Les toxines produites par les algues bleu-vert sont appelées cyanotoxines. Si les algues bleu-vert ou les cyanotoxines sont trop abondantes, elles peuvent nuire à la santé des usagers. Il y a trois principaux groupes de cyanotoxines, soit :
Q10 : Le problème des fleurs d’eau d’algues bleu-vert existe-t-il dans d’autres pays?Le problème existe depuis longtemps. Cependant, certains pays dont l’Australie et le Brésil auraient été les premiers à être touchés par des évènements majeurs. La problématique au Québec n’est pas la pire. Plusieurs pays sont concernés et même depuis plus longtemps. L’accroissement du problème se constate à l’échelle de la planète. La problématique est également observée ailleurs au Canada, notamment en Alberta, au Manitoba, en Ontario et en Nouvelle-Écosse. Q11 : Depuis quand parle-t-on de cette problématique au Québec?À la fin des années 1990, certains cas ont été signalés au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). À la suite de ces évènements, les deux ministères se sont concertés afin de mettre en place le Plan de gestion sur les épisodes de fleurs d’eau d’algues bleu-vert. Ainsi a commencé la mise en application du plan de gestion, en 2004. Q12 :Où puis-je obtenir l’ensemble des informations concernant les algues bleu-vert?Sur le site Portail Québec ou en téléphonant à Services Québec :
Signalement et procéduresQ13 : Que faire si je pense être en présence d’une fleur d’eau d’algues bleu-vert?Tout citoyen qui suspecte la présence d’une fleur d’eau est invité à rapporter cette situation sans délai à la direction régionale concernée du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), selon l’une des façons suivantes :
On peut également consulter les recommandations générales du MSSS qui indiquent les usages de l’eau à éviter en de telles circonstances. Q14 : Que fait le MDDEP lorsqu’il reçoit un appel d’un citoyen qui soupçonne une fleur d’eau d’algues bleu-vert?
Une procédure est également accessible concernant les plages organisées et les réseaux municipaux ou privés visés par le Règlement sur la qualité de l’eau potable et de stations d’eau potable. Q15 : Comment peut-on obtenir la liste des plans d’eau faisant l’objet d’une interdiction d’usage?La liste des plans d’eau faisant actuellement l’objet d’une interdiction d’usage (plan d’eau ou secteur sous avis de santé publique, avis de non-consommation ou fermeture de plage) est accessible sur le site Portail Québec. CausesQ16 : Qu’est-ce qui cause une fleur d'eau d’algues bleu-vert?Le facteur prépondérant dans la prolifération des algues bleu-vert est le surplus de phosphore. En effet, lorsqu’un lac ou un cours d’eau verdit, c’est qu’il reçoit trop de ce nutriment. Ainsi, la présence d’une fleur d’eau d’algues bleu-vert est un signe d’enrichissement ou de vieillissement du milieu aquatique, tout comme la surabondance de différents types de végétaux aquatiques. Selon les lacs ou les cours d’eau et leur bassin versant, d’autres facteurs favoriseraient également la formation des fleurs d’eau d’algues bleu-vert :
Q17 : Le phosphore favorise-t-il son développement?Oui, il en est le principal responsable. En effet, les fleurs d’eau d’algues bleu-vert sont observées particulièrement dans des milieux aquatiques enrichis par un surplus de phosphore. Ce résultat est comparable à une pelouse qui est devenue dense et verte grâce à une bonne fertilisation.Q18 : D’où provient le surplus de phosphore?Les apports de phosphore au milieu aquatique peuvent provenir de différentes sources : fumier, compost ou engrais épandus sur les sols ou les pelouses, installations septiques, rejets d’eaux usées municipales ou industrielles non traitées ou insuffisamment traitées, etc. Le phosphore peut également avoir une origine naturelle, soit géologique ou biologique (ex. : territoire noyé par les digues de castor). L’importance de chacune des sources de phosphore diffère selon l’occupation du territoire de chacun des bassins versants. Q19 : Qu'est-ce qui expliquerait la tendance à la hausse de ce problème?Au Québec comme ailleurs à l’échelle mondiale, les fleurs d’eau d’algues bleu-vert semblent plus fréquentes. Les principaux facteurs seraient :
Également, étant donné que le dossier des algues bleu-vert a été largement couvert par les médias, les riverains ont été de plus en plus sensibilisés et renseignés sur le sujet. Cette sensibilisation accrue a donc fortement contribué à l’augmentation du nombre de signalements. Q20 : Qui est responsable de cette hausse?Dans la majorité des bassins versants du Québec méridional, l’homme est responsable d’une très forte proportion des apports de phosphore qui parviennent au milieu aquatique. Ces apports peuvent provenir de différentes sources : fumier ou engrais épandus sur les terres agricoles ou les pelouses, installations septiques, débordements des ouvrages de surverse municipaux, effluents municipaux ou industriels non traités ou insuffisamment traités, etc. De plus, le ruissellement de surface, donc les apports diffus de phosphore, à partir des sols vers les milieux aquatiques, est favorisé dans les situations suivantes :
Q21 : Est-ce que le réchauffement de la planète contribuerait à cette hausse?Certaines espèces vivent en eaux relativement froides, mais plusieurs d’entre elles se développent davantage lorsque les eaux sont plus chaudes. Le réchauffement, c’est-à-dire l’élévation des températures de l’air et ensuite de l’eau, peut constituer un facteur favorable au développement des fleurs d’eau d’algues bleu-vert, mais seulement dans les plans d’eau où il y a suffisamment de phosphore. Q22 : Les installations septiques désuètes ont-elles un impact important sur l'apparition de fleurs d'eau?Des installations septiques âgées, mal entretenues ou insuffisamment vidangées pourraient, selon les bassins versants ou les lacs, contribuer un peu ou beaucoup à l’augmentation du phosphore et, par conséquent, à la formation de fleurs d’eau. Le taux d’exportation du phosphore à partir d’une installation septique dépend aussi de plusieurs facteurs, dont la nature du sol, la pente du terrain, la distance entre l’habitation et le milieu aquatique. Q23 : L’agriculture est-elle la principale cause de l'augmentation des fleurs d'eau d’algues bleu-vert?L’agriculture intensive est l’une des causes :
Q24 : Quelles sont les sources de phosphore en milieu agricole?Avec l’amélioration de la gestion des fumiers, qui s’est traduite par la construction de structures étanches d’entreposage et la mise en place des Plans agro-environnementaux de fertilisation (PAEF), lesquels ont progressivement permis d’atteindre un meilleur équilibre entre les apports de fertilisants et les besoins des plantes, la concentration de phosphore des cours d’eau en milieu agricole n’est plus liée à la densité animale, mais plutôt à la superficie de territoire qui reçoit des fertilisants (fumiers ou engrais minéraux). Plus la superficie de territoire fertilisé augmente dans un bassin versant, plus la concentration de phosphore augmente dans le cours d’eau. Cette relation est d’autant plus forte lorsque le territoire cultivé est dominé par les cultures annuelles (maïs, soya, cultures maraîchères et céréales) qui exigent davantage de fertilisants. Le ruissellement de surface et le drainage souterrain des superficies cultivées permettent le transport des fertilisants sous forme dissoute ou solide vers les eaux de surface. Le respect des mesures inscrites dans le Règlement sur les exploitations agricoles (REA) devrait permettre d’améliorer la qualité des cours d’eau en milieu agricole en diminuant les pressions qui s’exercent sur le territoire agricole, en ajustant notamment la fertilisation aux besoins des cultures tout en considérant la richesse des sols. L’approche favorisée est axée sur une gestion rigoureuse du phosphore à l’échelle de chaque entreprise agricole. Par son programme Prime-Vert, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec fait la promotion et la diffusion des bonnes pratiques agricoles et soutient les exploitations agricoles afin qu'elles puissent se conformer aux lois, aux règlements et aux politiques environnementales. Q25 : La bande riveraine en milieu agricole permet-elle de réduire les apports en phosphore?Dans les milieux agricoles, la largeur des bandes riveraines est l’un des facteurs qui permettent de réduire les charges totales de phosphore dans le cours d’eau. Une bande de végétation est une barrière à la migration des particules de sol auxquelles le phosphore est associé. La capacité de rétention est cependant limitée si les surfaces en culture ne sont pas protégées contre l’érosion de surface causée par le ruissellement. Pour en savoir plus >>> Impact écologique et propagationQ26 : Quels sont les impacts des fleurs d’eau sur l’environnement?Les fleurs d'eau nuisent à certaines composantes de l'écosystème. Par exemple, une trop grande quantité d’algues bleu-vert peut bloquer les branchies des poissons. Les impacts anthropiques des fleurs d'eau sont d'ordre esthétique, socioéconomique et récréotouristique (mauvaise odeur, baisse de la valeur des résidences et des chalets, chute de la fréquentation de campings, mobilisation de riverains, réduction d'activités aquatiques, etc.). Q27 : Doit-on laver les bateaux provenant d’un lac touché par une fleur d’eau avant sa mise à l’eau dans un autre lac qui n’est pas touché?Il n’est pas justifié de laver un bateau dans le seul but de prévenir la problématique des fleurs d’eau d’algues bleu-vert, et ce, pour les raisons suivantes :
Toutefois, par mesure de précaution et afin d’éviter la propagation d’espèces exotiques envahissantes (moules zébrées, myriophylle, didymo, etc.), il est fortement recommandé de laver son bateau lors d’un déplacement d’un plan d’eau à un autre. Bilan des plans d’eau touchésQ28 : Comment savoir si un plan d’eau a déjà été touché par une fleur d’eau?Depuis 2004, le Ministère compile les données des plans d’eau touchés par une fleur d’eau d’algues bleu-vert. Cette liste est mise à jour à deux reprises au courant de l’année. Depuis 2008, deux bilans sont produits afin de tracer un portrait annuel de la problématique. Q29 : Est-ce que ce sont toujours les mêmes plans d’eau qui sont touchés?Certains plans d’eau sont touchés de façon récurrente pendant quelques années. C’est le cas, par exemple, de la baie Missisquoi. Depuis la mise en place du plan de gestion des épisodes de fleurs d’eau, on rapporte que certains lacs ont été touchés pendant deux, trois, quatre et même cinq années consécutives et d’autres cas nous ayant été rapportés ne concernent qu’une seule année. Pour connaître ces plans d’eau >>> Q30 : Pourquoi certaines régions sont-elles plus touchées que d'autres?Les fleurs d’eau d’algues bleu-vert touchent la plupart des régions du Québec méridional. Le nombre de cas signalés au Ministère est effectivement plus élevé dans certaines régions que dans d’autres. Aucune étude n’a visé à évaluer pourquoi un plus grand nombre de milieux aquatiques seraient touchés dans ces régions. Le surplus de phosphore d’origine humaine en est probablement la principale cause ainsi qu’une plus grande sensibilisation du public à ce phénomène. Q31 : À quel moment de l’année trouve-t-on le plus grand nombre de fleurs d’eau d’algues bleu-vert?C’est aux mois de juillet, août et septembre que les fleurs d’eau sont le plus souvent observées. Certaines peuvent commencer à être observées tôt en saison, soit à partir de mars et avril, ou plus tard, soit en octobre et même en novembre. Q32 : Qu’est-ce qui explique la présence d’algues bleu-vert en automne?Il est possible que la fleur d’eau observée à l’automne soit celle qui a persisté quelques semaines plus tôt en saison. L’apparition de nouveaux cas peut s’expliquer ainsi :
Détection et analyseQ33 : Où peut-on faire des analyses d’algues bleu-vert et de cyanotoxines?Actuellement, le seul laboratoire accrédité et en mesure de produire des résultats fiables est le laboratoire du Ministère, soit le Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ). Vous pouvez contacter le service à la clientèle pour connaître les modalités de ces analyses. Q34 : Pourquoi n’y a-t-il pas d’autres laboratoires que celui du MDDEP qui effectue les analyses d’algues bleu-vert et de cyanotoxines?Il n’est pas du ressort du Ministère de solliciter la mise en place de laboratoires privés sur le territoire québécois. Ce sont des considérations liées aux lois du marché qui déterminent l’établissement de tels laboratoires. Actuellement, aucun laboratoire privé n'a manifesté son intérêt pour développer l'analyse des cyanotoxines. Le dépistage des algues bleu-vert doit être réalisé par des spécialistes en taxonomie; il exige une formation de plusieurs mois ainsi que des équipements spécialisés. Q35 : Que fait le MDDEP dans le suivi des milieux aquatiques?Le Ministère a acquis une expertise relativement à l’évaluation des milieux aquatiques. Entre autres, il a mis en place le réseau sentinelle des lacs, le réseau de surveillance volontaire des lacs (RSVL) et le programme Environnement-Plage. Pour en savoir plus sur l’ensemble des suivis >>> Eau potable – Système de traitementQ36 : Comment savoir si l’eau du réseau d’aqueduc qui alimente ma résidence reste potable en période de fleur d’eau?Si l’eau qui alimente votre résidence ne peut être bue ou utilisée à cause de fleurs d’eau d’algues bleu-vert, l’information sera transmise à votre municipalité, laquelle est responsable de la communiquer à l’ensemble de ses citoyens. Les avis de non-consommation en rapport avec les algues bleu-vert sont diffusés sur le site Portail Québec. En cas de doute, vous pouvez contacter le responsable du réseau (ex. : municipalité). Q37 : Si un avis de non-consommation a été notifié par les responsables du réseau d’aqueduc qui alimente ma résidence, puis-je traiter l’eau moi-même pour la rendre potable?Les systèmes de traitement généralement installés dans les résidences desservies par un réseau d’aqueduc le sont principalement à des fins d’amélioration des qualités esthétiques de l’eau, notamment l’adoucissement. Pour rendre l’eau potable, un système de traitement additionnel devrait être installé. Aucune certification ne permet présentement de valider la performance d’un système de traitement individuel pour l’élimination des algues bleu-vert et des cyanotoxines. Cependant, les systèmes suivants, lorsqu’ils sont bien installés et entretenus, peuvent offrir une bonne efficacité pour éliminer :
Q38 : Si un avis de non-consommation est notifié, puis-je consommer l'eau après l'avoir fait bouillir?Non. Un avis de non-consommation signifie que l’eau ne devrait pas être consommée, qu’elle soit bouillie ou non. Un milieu aquatique contaminé par des algues bleu-vert peut contenir une certaine quantité de toxines dissoutes, lesquelles sont incolores. L’ébullition de l’eau ne permet pas l’élimination de ces toxines. Q39 : Existe-t-il des systèmes de traitement individuels efficaces pour enlever les algues bleu-vert de l’eau?Aucune certification ne permet présentement de valider la performance d’un système de traitement individuel installé dans une résidence pour l’élimination des algues bleu-vert et des cyanotoxines afin de rendre l’eau potable. Cependant, les systèmes suivants, lorsqu’ils sont bien installés et entretenus, peuvent offrir une bonne efficacité pour éliminer :
Les systèmes installés doivent par ailleurs permettre de traiter l’eau contre des sources potentielles de pollution fécale en assurant, notamment, une désinfection adéquate de l’eau. Les systèmes de traitement suivants, offerts sur le marché, n’ont par contre aucune efficacité reconnue contre les algues bleu-vert et les cyanotoxines : adoucissement et autres résines, ultraviolet, filtration à l’aide de filtres ayant une porosité supérieure à 5 microns, sable vert et autres médias catalytiques. Q40 : Y a-t-il des précautions particulières à prendre pour assurer le bon fonctionnement d’un système individuel de traitement?Tout système de traitement doit être installé conformément aux instructions du fabricant et utilisé dans les conditions spécifiées par celui-ci. Dans le cas d’un système de traitement mis en place pour traiter une eau contaminée par des fleurs d’eau d’algues bleu-vert, un entretien plus fréquent peut être requis. En effet, l’abondance de matière organique pourra générer un colmatage (obstruction) plus rapide du filtre et nuire au bon fonctionnement. Certains systèmes ont par ailleurs une durée de vie limitée, notamment le charbon actif, et celle-ci pourrait être réduite davantage lorsque le système doit traiter une eau contenant une fleur d’eau d’algues bleu-vert. Q41 : Puis-je consommer l’eau provenant d’un puits (artésien, de surface)?Le sol offre généralement une bonne protection naturelle contre la migration des algues bleu-vert. Ainsi, l’eau provenant d’un puits artésien ou de surface n’est généralement pas à risque d’être touchée par des fleurs d’eau d’algues bleu-vert ou des cyanotoxines. Néanmoins, les puits de surface, lorsqu’ils sont situés très près d’un milieu aquatique, peuvent être vulnérables aux infiltrations. Ils risquent alors d’être contaminés par les algues bleu-vert ou d’autres sources de contamination. Si l’eau du puits devient verdâtre ou présente une coloration ou une odeur inhabituelle, il est conseillé d’éviter de la consommer ou de l'utiliser. Un système de traitement adéquat contre les algues bleu-vert, les cyanotoxines ainsi que la pollution fécale peut être installé si l'eau d'un puits devient contaminée. (Se référer à la question 40 pour plus de détails). Q42 : J’ai un puits de surface et j’aimerais m’assurer que l’eau que je consomme est sans danger. Comment dois-je procéder?Une analyse devrait d’abord être réalisée afin de vérifier la présence d’indicateurs de contamination fécale. Plusieurs laboratoires sont accrédités pour analyser les coliformes fécaux ou E. coli. Pour en savoir plus >>> Pour vérifier l’absence de concentration importante d’algues bleu-vert dans l’eau d’un puits, le laboratoire du MDDEP (CEAEQ) peut effectuer un dépistage des algues bleu-vert présentes dans l’échantillon. Il faut d’abord le contacter afin d’obtenir des contenants appropriés. Si une présence abondante de cellules d’algues bleu-vert était constatée dans l’échantillon (≥ 20 000 cellules d’algues bleu-vert par millilitre), l’analyse des cyanotoxines serait alors pertinente. Q43 : Comment interpréter les résultats des analyses de l’eau de mon puits que j’ai fait réaliser concernant la présence d’algues bleu-vert et de cyanotoxines?À la suite d’une analyse par dépistage de l’abondance d’algues bleu-vert dans l’eau d’un puits, le résultat fourni indiquera le nombre de cellules d’algues bleu-vert trouvées dans un millilitre d’eau. Il n’est pas inquiétant d’en trouver un petit nombre, même dans l’eau d’un puits. Une concentration de cellules supérieure à 1000 cellules/ml devrait cependant faire l’objet d’une investigation plus poussée sur les sources possibles de contamination (ex. : infiltration d’eau de surface dans le puits). Cette investigation devrait être accompagnée d’une analyse des coliformes fécaux ou E. coli, étant donné la présence possible d’une contamination fécale. Concernant une analyse de cyanotoxines (microcystines, anatoxines) réalisée dans l’eau d’un puits, l’Institut national de santé publique du Québec considère qu’une concentration de microcystines totales inférieure à 1,5 μg/l et une concentration d’anatoxine-a inférieure à 3,7 μg/l ne présentent pas de risques significatifs pour la santé humaine. Toutefois, les concentrations de toxines sont susceptibles de varier dans le temps. Q44 : Si la prise d’eau qui alimente ma résidence est placée dans une partie profonde du lac qui est touché, puis-je la consommer sans me préoccuper de la présence d’une fleur d’eau ou de l’avis en vigueur?Non. Étant donné les déplacements possibles des algues bleu-vert dans le temps, les recommandations qui s’appliquent en présence d’une fleur d’eau doivent être suivies et l’eau ne devrait pas être consommée. D’ailleurs, une eau de surface non traitée ne devrait jamais être consommée, même en l’absence de fleurs d’eau d’algues bleu-vert. Cette eau peut toutefois servir à l’hygiène personnelle dans la mesure où elle n’est pas verdâtre et ne présente pas une coloration ou une odeur inhabituelle. (Le lecteur peut se référer à la réponse de la question 40 pour obtenir plus de précisions concernant les traitements d’eau qui offrent une bonne efficacité contre les algues bleu-vert et les cyanotoxines.) Q45 : Je m’approvisionne en eau directement dans le lac. Est-ce que je devrais vider mon chauffe-eau lorsque la fleur d’eau a disparu?Si l’eau a été pompée par la prise d’eau alors que de l’écume se trouvait à proximité de la prise d’eau, ou si l’eau des robinets présente une odeur ou une couleur inhabituelle due aux algues bleu-vert, cette eau ne devrait être utilisée ni pour la consommation ni pour l’hygiène personnelle. Il est donc possible que l’eau contaminée soit demeurée dans le chauffe-eau. Si tel est le cas, le chauffe-eau et la tuyauterie devraient effectivement être vidés et rincés une fois la fleur d’eau disparue du lac, avant que l’eau du chauffe-eau ne soit utilisée de nouveau à des fins d’hygiène. Q46 : Est-ce que toutes les municipalités qui s’alimentent en eau potable dans un lac ou dans une rivière (y compris le fleuve) ont des systèmes de traitement efficaces contre les algues bleu-vert?Sur 265 stations municipales de production d’eau potable en eau de surface, on compte seulement 57 stations de traitement en rivière et 15 stations de traitement en lac qui soient efficaces contre les algues bleu-vert et les cyanotoxines. Seule une très faible proportion des stations de traitement municipales s’approvisionnant en eau de surface ont déjà observé une fleur d’eau d’algues bleu-vert dans leur source d’approvisionnement. Q47 : Le gouvernement entend-t-il aider les municipalités à se doter de systèmes de traitement d’eau potable efficaces contre les algues bleu-vert?En vertu du Plan d’intervention sur les algues bleu-vert 2007-2017, le gouvernement a accordé près de 3 millions de dollars aux municipalités. Cette somme servira à la mise aux normes d'usines de traitement d'eau potable dont le traitement est partiellement efficace ou non efficace et qui ont un historique de la présence d’une fleur d’eau près de la prise d’eau. Les projets retenus sont réalisés conformément au Programme d'infrastructures Québec municipalités (PIQM) et au Fonds sur l’infrastructure municipale rurale (FIMR), administrés par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT). Prévention – restauration – correctionQ48 : Que peut faire la population pour corriger ou minimiser les problèmes associés aux fleurs d’eau ou à d’autres problèmes de vieillissement prématuré d’un lac?Le surplus de phosphore est le principal facteur qui favorise la croissance des fleurs d’eau d’algues bleu-vert. Des gestes individuels et collectifs dans les bassins versants doivent être posés, dont les suivants :
Ces mesures permettront aussi de prévenir ou de réduire d’autres manifestations de dégradation des lacs, notamment la prolifération d’autres algues ou de plantes aquatiques. Q49 : Le gouvernement poursuit-il les efforts de sensibilisation de la population afin de l’inciter à adopter de bonnes pratiques?Oui, une campagne de sensibilisation du public à la protection des plans d’eau a été en ondes cet été, et ce, pour une troisième année consécutive. La population est également invitée à consulter le site Web nosplansdeau.com, qui présente des gestes simples à poser ainsi que des témoignages de personnes et de groupes qui agissent concrètement pour protéger les plans d’eau. De plus, un accent plus particulier a été mis sur l’information et la sensibilisation des propriétaires riverains par rapport au rôle qu’ils ont à jouer dans la préservation de l’état de santé de nos lacs. Plusieurs documents portant sur les algues bleu-vert et sur les bonnes pratiques sont accessibles. Q50 : Peut-on utiliser des produits pour enlever ou détruire les algues?L’emploi d’algicides ne doit pas être retenu pour éliminer les fleurs d’eau d’algues bleu-vert. Les algicides ont des impacts négatifs, dont celui de faire éclater les cellules d’algues bleu-vert. Sous l’effet de ces produits, les cyanotoxines, au lieu d’être détruites, peuvent au contraire être libérées dans l’eau du milieu aquatique. Q51 : Existe-t-il des technologies visant à restaurer les lacs touchés par une prolifération d’algues bleu-vert?Des technologies ont été mises au point afin d’aider au contrôle du vieillissement ou à la restauration des lacs. Le MDDEP a répertorié un certain nombre d'informations sur ces technologies. Elles peuvent être de nature physique ou mécanique (ex. : arrachage de plantes, évacuation des eaux et filtration), chimique (ex. : introduction de floculant tel que le chlorure de fer) ou biologique (ex. : contrôle de la chaîne de vieillissement par l'introduction d'espèces ciblées). Toutefois, aucune de ces technologies ne constitue en soi une solution au vieillissement des lacs, et ce, aussi longtemps que les causes du vieillissement du lac ne seront pas déterminées et enrayées. Des mesures de réduction des apports en phosphore dans le lac doivent être mises en place avant de penser à traiter le lac. La réduction des apports est toujours la première action à envisager, sinon le vieillissement du lac va reprendre plus ou moins rapidement et la mesure de restauration aura entraîné une dépense importante et inutile. Q52 : Que fait le MDDEP concernant la mise au point de technologies permettant de restaurer les lacs?Le Ministère a mis en place quatre projets pilotes de restauration de lacs intégrant diverses technologies visant à réduire les charges internes ou à intercepter une partie des charges externes avant qu’elles n’atteignent le lac. Les résultats devraient permettre d’améliorer les connaissances sur les effets de ces technologies et leurs conditions d’utilisation dans certains plans d’eau. D’autres actions sont également entreprises par le Ministère, entre autres :
Q53 : La réglementation existante est-elle efficace pour contrer les fleurs d’eau d’algues bleu-vert?Plusieurs réglementations ont été adoptées en vue de circonscrire la problématique du phosphore, autant à l’échelle des municipalités qu’à celle du gouvernement, et ce, dans tous les secteurs d’activité, dont les secteurs agricole, urbain, industriel, forestier et de villégiature. Il s’agit d’une problématique complexe qui touche l’ensemble des activités humaines et qui fait ressortir le besoin de reconnaître une limite au développement si l’on ne souhaite pas dépasser la capacité de support des écosystèmes aquatiques. Un des constats qui a ressorti du Forum national sur les lacs, tenu en juin 2006, est que la réglementation existante est suffisante. Toutefois, elle doit être appliquée rigoureusement par les instances responsables et, surtout, respectée par chacun des citoyens. Les réglementations devront évoluer en intégrant de plus en plus la notion de limite au développement. | |||||