SECTION 1 - Ministère de l'Environnement
Plan stratégique 2000-2003
Mise à jour de janvier 2001
3. Le contexte et les enjeux
Le contexte général
- La mondialisation de la protection de l’environnement
- Un virage marquant, le développement durable
- La protection de l’environnement, un atout pour la croissance
économique
- Un chevauchement de compétences
- La modernisation du régime québécois de protection de l’environnement
- La concrétisation d’un nouvel outil de protection de l’environnement
Le contexte environnemental
- Une année charnière dans la gestion de l’eau
- Un contrôle renforcé pour garantir une eau potable de qualité
- Vers une politique environnementale en matière agricole
- La gestion du domaine hydrique de l’État
- Des barrages plus sécuritaires
- L’initiative québécoise au regard des changements climatiques
- La qualité de l’atmosphère
- La conservation de la diversité biologique
- La préoccupation des citoyens au regard des OGM
- La protection des sols
- La gestion des matières résiduelles
Le contexte ministériel
- L’amélioration continue de la prestation de services aux citoyens
- La nécessité d’accroître les connaissances environnementales
- Les défis organisationnels
- Une gestion judicieuse des ressources
Les enjeux
- La prestation de services aux citoyens
- La gestion de l’eau
- Les changements climatiques et les autres problématiques
atmosphériques
- La conservation de la diversité biologique
- La promotion du développement durable
3. Le contexte et les enjeux
Ce chapitre présente les principaux éléments du contexte qui ont
influencé le ministère de l’Environnement dans l’établissement de ses
choix stratégiques 2000-2003.
La mondialisation de la protection de l’environnement
La fin du XXe siècle a été notamment marquée par le constat,
de la part des gouvernements et de la société civile, de la globalisation des
phénomènes naturels et environnementaux et de leur étroite relation avec les
phénomènes socio-économiques. Que ce soit par le biais de l’Organisation
mondiale du commerce, des pays du G8 ou du Fonds monétaire international, les
décideurs sont de plus en plus sollicités afin que les préoccupations
environnementales soient prises en considération dans le processus de
globalisation économique.
Il se tient aujourd’hui un très grand nombre de rencontres internationales
abordant le vaste domaine de l'environnement et du développement durable,
portant sur des problématiques à portée planétaire, continentale, régionale
ou transfrontalière. Les engagements pris dans le cadre de ces rencontres
officielles influencent inévitablement les politiques publiques en matière de
protection de l’environnement.
Depuis plus d’une trentaine d’années, dans plusieurs de ces forums, le
Québec partage son expertise et s’assure le respect de ses compétences
constitutionnelles et de ses intérêts. Il participe activement aux débats qui
ont cours dans plusieurs forums multilatéraux, notamment au sein du réseau de
l’Organisation des Nations Unies (changements climatiques, diversité
biologique, risques biotechnologiques, etc.), de celui de l’Organisation de
coopération et de développement économique (OCDE), de celui des pays de la
francophonie ou encore par le biais de l’Accord nord-américain de
coopération environnementale. Le Québec agit aussi sur une base bilatérale
avec ses voisins immédiats afin de réduire les pluies acides, de diminuer la
pollution atmosphérique transfrontalière et pour protéger et améliorer la
qualité des eaux des Grands Lacs.
Un virage marquant, le développement durable
En 1987, la Commission mondiale sur l’environnement et le développement,
dans son rapport intitulé Notre avenir à tous, a popularisé le terme
« développement durable ». Ce terme désigne une approche
de développement qui répond aux besoins actuels, sans compromettre la
capacité des générations à venir de satisfaire leurs propres besoins.
Quelques années plus tard, en 1992, à Rio de Janeiro, la Conférence des
Nations Unies sur l’environnement et le développement a consacré cette
approche. Elle a défini 27 principes qui fondent le développement durable (la
Déclaration de Rio), dont le principe de précaution, qui transforme la
façon d’aborder les problématiques environnementales. De plus, la
Conférence a fourni un document de référence, intitulé Action 21,
pour soutenir les pays dans l’actualisation de ce modèle de développement.
Un message clair a alors été lancé à tous les niveaux de
gouvernement : il est urgent de concilier le développement économique et
social, la protection de l’environnement et la conservation des ressources
naturelles. L’application d’un modèle de développement durable est une
avenue incontournable pour assurer l’équité entre les générations.
Toutefois, adopter un tel modèle représente un défi de taille pour les
gouvernements, car cela signifie l’établissement de politiques
environnementales réalistes sur les plans social et économique, de politiques
sociales réalistes sur les plans économique et environnemental et de
politiques économiques réalistes sur les plans social et environnemental.
Le gouvernement québécois a clairement indiqué dans sa Stratégie
québécoise de développement économique, publiée en mars 1998, qu’il
privilégiait le développement durable. En février 2000, le Sommet du Québec
et de la jeunesse plaçait le développement durable dans ses huit priorités d’action.
En mars 2000, le gouvernement appuyait financièrement la création du Fonds
d’action québécois pour le développement durable, une société à but
non lucratif, dont la mission est de soutenir financièrement des projets
concrets répondant au modèle du développement durable.
De plus en plus, les politiques publiques québécoises adoptent un modèle
de développement durable. Ainsi, les récents documents d’orientation dans
les domaines de la biodiversité, de l’agriculture, de la forêt, des
transports et du tourisme ont été élaborés avec une préoccupation de
développement durable. Un virage s’est amorcé grâce notamment au rôle
joué par le Comité interministériel sur le développement durable, dont le
mandat est justement de favoriser la concertation gouvernementale en cette
matière. À titre d’exemple, ce Comité travaille à l’élaboration d’un
processus d’évaluation environnementale stratégique adapté au contexte
québécois. Un des outils les plus prometteurs pour la mise en œuvre du développement
durable – l’évaluation environnementale stratégique – vise à intégrer,
lors de l’élaboration des politiques, plans ou programmes, l’analyse
systématique et exhaustive de leurs effets environnementaux. L’évaluation
environnementale stratégique se présente sous diverses formes et est utilisée
comme outil de planification dans de nombreux pays en Amérique du Nord, en
Europe et en Océanie.
Une prise en compte méthodique des principes du développement durable lors
de l’élaboration de politiques et de stratégies permettrait d’intensifier
la capacité du Québec à se développer, tout en favorisant une société
juste et équitable et un environnement de qualité. Par sa mission, le
ministère de l’Environnement doit promouvoir le développement durable,
autant au sein du gouvernement qu’au sein de la société québécoise.
La protection de l’environnement, un atout pour la croissance
économique
Le contexte politique mondial des dernières années a été, à maintes
reprises, marqué de différends mettant en jeu les impératifs du
développement économique et ceux de la protection de l’environnement. L’influence
des organismes économiques internationaux a précédé et dominé celle des
politiques internationales ou nationales en matière d’environnement et de
société.
Aujourd’hui, l’équilibre semble en vue. En effet, les États qui ont mis
de l’avant la protection de l’environnement ont amélioré leur économie,
en augmentant notamment la productivité de leurs entreprises par la création d’emplois
liés au « marché vert ». Dans certains secteurs, l’écoefficience
des entreprises est même devenue une condition d’accès aux marchés. Des
études récentes portant sur la relation entre la protection de l’environnement
et la performance financière démontrent que la protection de l’environnement
et la croissance économique se soutiennent l'une l'autre.
Un chevauchement de compétences
La Constitution canadienne a établi, en 1867, un partage de pouvoirs entre
deux ordres de gouvernement sans aucune référence au domaine de l’environnement,
ce qui a créé une situation peu claire quant au partage des compétences en
matière de protection de l’environnement.
La modernisation du régime québécois de protection de l’environnement
Conçu au début des années 1970, le régime québécois de protection de l’environnement
s’inscrit aujourd’hui dans un contexte social fort différent. L’émergence
du concept de développement durable, le développement des connaissances
environnementales, la libéralisation des marchés et les revendications de plus
en plus précises des citoyens et des entreprises influent nécessairement sur
la manière de gérer aujourd’hui la protection de l’environnement. Le
ministère de l’Environnement a amorcé une démarche de réflexion et de
consultation sur les paramètres devant guider cette révision. Par cette
démarche, le Québec participe à une tendance générale dans laquelle déjà
un grand nombre d’États nord-américains et européens ont révisé leur
régime de protection de l’environnement.
Sur la base d’un document de réflexion, le Ministère a mené une
consultation auprès des intervenants et des milieux concernés. Dans l’ensemble,
ces derniers ont réitéré leur confiance à l’égard des grands principes de
la Loi sur la qualité de l’environnement. Des intervenants souhaitent
que cette loi intègre les principes du développement durable et de
responsabilité collective. Le ministère de l’Environnement entend
relever le défi de moderniser le régime québécois de protection de l’environnement
afin que celui-ci soit mieux adapté au nouveau contexte et qu’il réponde
plus adéquatement aux préoccupations des citoyens.
La concrétisation d’un nouvel outil de protection de l’environnement
Au Québec, la Loi sur la qualité de l’environnement stipule que
les industries susceptibles de rejeter des contaminants doivent obtenir un
certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement avant leur
implantation ou lors d’une modification entraînant une augmentation des
rejets ou ayant une incidence sur l’environnement. Cependant, comme ces
autorisations sont données pour une période illimitée, il est possible que
les exigences établies au moment de l’autorisation ne correspondent plus aux
nécessités actuelles ou futures. Par conséquent, le Québec, comme de
nombreux pays, a adopté en 1993 un outil plus moderne et mieux adapté : l’attestation
d’assainissement.
L’attestation d’assainissement est un permis d’exploitation,
renouvelable aux cinq ans, qui responsabilise les industries et qui permet de
définir, pour chacun des établissements industriels assujettis, des cibles de
réduction des rejets (objectifs environnementaux de rejets) couvrant les volets
eau, air, sol et matières résiduelles. Ces objectifs environnementaux de
rejets ont la particularité d’être établis en tenant compte, d’une part,
de la fragilité du milieu naturel dans lequel évolue l’industrie (milieu
récepteur) et, d’autre part, des technologies économiquement accessibles par
l’industrie en question. Celles-ci comprennent à la fois des technologies d’assainissement
et des technologies de prévention de la pollution.
En 2000, le ministère de l’Environnement a émis les premières
attestations d’assainissement dans le cadre du programme de réduction des
rejets des industries (PRRI). Actuellement, les industries de pâtes et
papiers sont soumises au PRRI. Progressivement, le Ministère étendra ce
programme à d’autres secteurs industriels, en commençant par le secteur de
la métallurgie et des mines, composé d’environ 70 industries.
- Le contexte environnemental
Une année charnière dans la gestion de l’eau
L’année 2000 a été sans contredit une année charnière dans la
gestion de l’eau au Québec, car un certain nombre d’événements ont
marqué le début d’une nouvelle ère dans sa gestion. En novembre 1999,
pour se prémunir contre les exportations massives d’eau, l’Assemblée
nationale avait adopté la Loi visant la préservation des ressources en
eau, qui interdit le transfert hors du Québec des eaux prélevées sur le
territoire québécois. C’est au cours de l’année 2000 que le Bureau d’audiences
publiques sur l’environnement (BAPE), pour donner suite au mandat que lui
avait confié le ministre de l’Environnement, déposait son rapport
intitulé L’eau, ressource à protéger, à partager et à mettre en
valeur, dans lequel des recommandations sont adressées au gouvernement
relativement à la gestion de l’eau au Québec.
Un constat général se dégage de cette consultation publique : il
est nécessaire de structurer la gestion de l’eau au Québec. À cette fin,
le ministre de l’Environnement rendait public, en juin 2000, le cadre d’orientation
d’une future politique sur la gestion de l’eau. Ce cadre d’orientation
présente les objectifs et les principes que devra prendre en considération
la politique québécoise sur l’eau.
Fondamentalement, la future politique visera à instaurer une gestion
intégrée et durable de la ressource eau. Une gestion intégrée de l’eau
est une gestion à l’échelle des bassins hydrographiques (bassins versants)
qui tient compte de l’ensemble des usages, qu’ils soient agricoles,
industriels ou urbains. Elle prend également en considération l’ensemble
des eaux de surface, des eaux souterraines et des milieux humides. Une gestion
durable de l’eau suppose la prise de mesures et un engagement collectif pour
préserver les écosystèmes aquatiques et la ressource pour les générations
futures. Pour actualiser une telle gestion au Québec, il faudra notamment
clarifier le statut légal de l’eau souterraine.
Enfin, la Politique nationale de la gestion de l’eau témoignera de la
volonté et de la capacité d’agir du Québec de même que son engagement
fondamental dans la mise en valeur du fleuve Saint-Laurent, notre plus
important bassin versant.
Un contrôle renforcé pour garantir une eau potable de qualité
La contamination de l’eau potable suscite l’inquiétude des
Québécoises et des Québécois. Pour les rassurer, le ministre de l’Environnement
a, d’une part, exigé une réévaluation des 2 400 réseaux de
distribution du Québec assujettis au Règlement sur l’eau potable. D’autre
part, il a présenté au gouvernement un nouveau Règlement sur la qualité
de l’eau potable, qui contient des normes équivalant aux normes les
plus sévères en vigueur en Amérique du Nord et qui assujettira aussi les
réseaux de distribution de moins de 50 usagers. Ce règlement devrait entrer
en vigueur en 2001. De plus, pour prévenir toute contamination des puits et
favoriser une utilisation plus rationnelle, le Ministère a l’intention de
présenter, en 2001-2002, un projet de règlement sur le captage des eaux
souterraines, lequel vise à prescrire des normes de construction des puits et
à établir des périmètres de protection autour de ces ouvrages.
Vers une politique environnementale en matière agricole
Alors que les efforts en assainissement urbain et industriel ont apporté
des bénéfices tangibles quant à la qualité des eaux de surface et
souterraines, des efforts supplémentaires doivent être consacrés en milieu
agricole. En effet, les rejets de contaminants associés aux pratiques
agricoles menacent les acquis des travaux d’assainissement menés
particulièrement dans les bassins hydrographiques où l’agriculture est
intensive.
Parmi les principales problématiques environnementales découlant des
activités agricoles, il y a, d’une part, la surfertilisation par les
engrais minéraux et les fumiers et, d’autre part, l’utilisation intensive
de pesticides. L’usage accru de fertilisants a contribué à augmenter en
plusieurs endroits, année après année, le niveau de phosphore et de
nitrates dans les sols, ce qui détériore la qualité des eaux. Les
pesticides, bien qu’utilisés en faible dose, se retrouvent dans les cours d’eau
et les eaux souterraines, spécialement là où il y a des cultures intensives
de maïs et de pomme de terre.
Le caractère diffus de la pollution d’origine agricole requiert la
définition d’approches novatrices de prévention et d’assainissement pour
optimiser les gains environnementaux. Dans la stratégie de réduction de la
pollution agricole, approuvée par le Conseil des ministres en juin 2000, il
est proposé une série de mesures qui visent notamment à préserver et à
récupérer les usages de l’eau en milieu agricole. L’exigence faite aux
24 000 producteurs agricoles visés par le Règlement sur la
réduction de la pollution d’origine agricole de se doter d’un plan
agroenvironnemental de fertilisation constitue en ce sens une innovation
prometteuse. Le ministère de l’Environnement élaborera une politique
ministérielle environnementale en matière agricole visant à réduire ce
type de pollution.
La gestion du domaine hydrique de l’État
Après 13 ans d’application du Règlement sur le domaine hydrique
public, le ministère de l’Environnement proposera sous peu des
modifications dans le but d’alléger le processus d’attribution de titres
aux riverains dont la propriété empiète sur les lits des lacs et des cours
d’eau. Cela permettra d’accroître l’efficience dans l’attribution des
baux et des permis d’occupation du domaine hydrique de l’État et de
réviser les loyers et tarifs afférents à ces activités. Cette modification
viendra faciliter et régulariser l’accès aux plans d’eau.
Des barrages plus sécuritaires
Au fil des ans, de nombreux ouvrages hydrauliques ont été construits à
diverses fins sur les cours d’eau du Québec par des entreprises, des
individus ou par le gouvernement. Les enseignements découlant des pluies
diluviennes de juillet 1996 ont démontré la nécessité de mieux encadrer la
conception et l’exploitation des barrages. À cette fin, l’Assemblée
nationale adoptait, en mai 2000, la Loi sur la sécurité des barrages,
qui confère au gouvernement le pouvoir de régir, entre autres choses, les
normes de sécurité, les fréquences et les conditions de réalisation des
évaluations de la sécurité, les plans de gestion des eaux et les plans de
mesures d’urgence prescrits. La mise en œuvre de cette loi a été confiée
au ministère de l’Environnement.
Avec l’entrée en vigueur de la loi, le Ministère, à titre de
gestionnaire du plus grand parc de barrages du Québec, soit quelque 800
ouvrages de retenue d’eau – dont plus de 400 à forte contenance – doit
s’assurer que chacun des barrages publics respecte les normes de sécurité.
L’initiative québécoise au regard des changements climatiques
Dès 1992, le Canada a adhéré à la Convention cadre des Nations Unies
sur les changements climatiques, laquelle stipule qu’il incombe aux nations
de prendre des mesures respectant le principe de précaution pour prévoir,
prévenir ou atténuer les causes des changements climatiques et en limiter
les effets néfastes. En 1997, le Canada a signé le Protocole de Kyoto et a
pris l'engagement de réduire ses gaz à effet de serre (GES) de 6 % par
rapport aux émissions de 1990, au cours de la période s'étendant de 2008 à
2012. Les ministres de l’Environnement et de l’Énergie du Canada se sont
réunis à Québec en octobre 2000 et ont accepté, à la demande du Québec,
de commencer les travaux relatifs à la répartition de l'objectif de
réduction de 6 %.
À l’échelle canadienne, entre 1990 et 1997, les émissions de GES au
Québec ont été deux fois moins élevées que la moyenne canadienne et six
fois moins élevées que celles enregistrées en Alberta. Même si les
émissions au Québec sont moindres que celles des autres provinces, le
gouvernement québécois ne se dégage pas de la responsabilité d’agir
maintenant pour atténuer les effets des changements climatiques et pour
limiter la croissance importante des émissions associées au secteur du
transport. Au printemps 1995, un premier plan d’action québécois de mise
en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements
climatiques était présenté. Puis, en octobre 2000, le Québec publiait un
nouveau Plan d’action québécois 2000-2002 sur les changements
climatiques, qui lui permet de demeurer maître d’œuvre dans ce dossier
et qui confirme l’importance qu’il accorde à la réduction des émissions
de gaz à effet de serre. Les ministères de l’Environnement et des
Ressources naturelles sont responsables de coordonner la mise en œuvre du
plan d’action.
Ce plan propose une série de mesures qui visent à réduire les émissions
liées au transport, responsable à lui seul de 38 % des émissions
totales. Parmi ces mesures, le gouvernement envisage l’implantation, en
2002, d’un programme permanent et obligatoire d’inspection et d’entretien
des véhicules lourds et légers au Québec. Des mesures sont également
prévues pour favoriser des réductions additionnelles dans le secteur
industriel, même si ce dernier a enregistré depuis 1990 une réduction de
ses émissions, grâce notamment à l’utilisation de l’hydroélectricité
et de la biomasse. D’autres mesures touchent le gouvernement lui-même.
Ainsi, il donnera l’exemple en s’attaquant aux émissions résultant de
ses propres activités.
La qualité de l’atmosphère
En juin 2000, le ministre de l’Environnement annonçait qu’il allait
procéder à une révision complète du Règlement sur la qualité de
l'atmosphère, dans le but de maintenir et d'améliorer la qualité de
l'air au Québec par la réduction des émissions à la source. Cette
révision prend en considération des problèmes particuliers, comme le smog,
les pluies acides et la présence de substances toxiques aéroportées dans l’environnement,
dont le mercure. Le Québec agit ainsi en conformité avec les positions dont
il fait la promotion et avec les engagements pris lors de rencontres du
Conseil canadien des ministres de l’Environnement, de la Conférence des
Gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des Premiers ministres de l’Est du
Canada ainsi que dans le contexte du forum des Nations Unies.
Ce nouveau règlement ciblera les principaux secteurs d’utilisation de
composés organiques volatils (COV) comme les activités où il y a
utilisation de solvants, qu’on retrouve notamment dans les salles de
peinture, les imprimeries et les lieux de nettoyage à sec. De nouvelles
normes seront aussi proposées pour les émissions d’oxydes d’azote. Ces
mesures devraient contribuer à réduire le niveau d’ozone au sol ainsi que
le smog.
Par ailleurs, des normes plus sévères d’émissions de dioxyde de soufre
(SO2) viseront à réduire ces dernières de 40 % d’ici 2003. Ces
émissions sont la cause principale des pluies acides sur le territoire
québécois. Le projet de règlement vise aussi à réduire ou à éliminer
plusieurs substances toxiques organiques et métalliques, comme le mercure.
L’appauvrissement de la couche d’ozone est un phénomène
atmosphérique particulier qui a donné lieu au Protocole de Montréal, en
1987, destiné à la protection de l’ozone stratosphérique. Le Québec a
innové sur le plan canadien en adoptant une approche intégrant à la fois la
problématique des gaz à effet de serre et celle des substances appauvrissant
la couche d’ozone (SACO). La stratégie québécoise, dévoilée en juin
2000, vise le contrôle et l’élimination des SACO, ainsi que la gestion des
gaz de remplacement, qui sont également des gaz à effet de serre. Une
prochaine refonte du Règlement sur les substances appauvrissant la couche
d’ozone viendra mettre en place les principales mesures proposées par
cette stratégie.
La conservation de la diversité biologique
Le concept de protection de l’environnement s’est élargi et englobe
maintenant la conservation de la diversité biologique. Cette notion regroupe
la diversité que présente le monde vivant à tous les niveaux : la
diversité des écosystèmes, la diversité des espèces et la diversité
génétique. La conservation de la diversité biologique, l’assise même de
notre milieu de vie, est devenue un enjeu mondial, car elle est liée à la
santé des écosystèmes et, par le fait même, à la santé des humains.
Devant l’urgence d’agir, les pays participant au Sommet de la Terre à
Rio de Janeiro, en 1992, ont signé la Convention des Nations Unies sur la
diversité biologique. Cet accord international, mis en vigueur en
décembre 1993, oblige les États signataires à entreprendre l’élaboration
de stratégies visant l’atteinte des trois objectifs suivants :
- le maintien de la diversité des écosystèmes et des espèces, de même
que le maintien de la variabilité génétique des espèces;
- l’utilisation durable des espèces et des écosystèmes;
- le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation
des ressources génétiques.
Le Québec constitue un territoire immense recoupant cinq zones
biogéographiques (la toundra, la taïga, la pessière, la sapinière et la
forêt feuillue) qui génèrent une grande diversité d'écosystèmes et un
nombre élevé d'espèces vivantes. Le dénombrement actuel fait état de
9 044 espèces végétales, de 653 espèces animales vertébrées et de
quelque 25 000 animaux invertébrés. Présentement, les experts estiment
que près de 15 % de la faune et de la flore québécoise sont en
difficulté de survie.
Conscient que les ressources biologiques demeurent parmi les principaux
moteurs du développement durable de son économie et en considérant que la
diversité biologique relève de sa compétence, le gouvernement du Québec s’est
doté, en 1996, d’une stratégie et d’un plan d’action afin d’assurer
la mise en œuvre sur son territoire de la Convention des Nations Unies sur
la diversité biologique. Ce plan d’action doit être mis à jour en
2002.
La conservation de la biodiversité passe en premier lieu par un réseau
pertinent d’aires protégées. Une aire protégée est une portion de terre,
de milieu aquatique ou de milieu marin, géographiquement délimitée, vouée
spécialement à la protection et au maintien de la diversité biologique. Cet
espace géographique doit être légalement désigné, réglementé et
administré. En 1997, le réseau mondial des aires protégées représentait
environ 9,6 % de la superficie de la Terre.
Le Québec préserve actuellement environ 2,8 % de son territoire en
aires protégées. Parmi les pays du G8, le territoire québécois affiche l’un
des plus faibles pourcentages. En effet, le pourcentage de zones protégées
au Canada se situe à 9,5 % (1998), alors que celui des États-Unis est
de 18,9 % et celui de la France, de 19,8 %. Ce constat a conduit au
lancement de travaux visant l’élaboration d’une stratégie québécoise
sur les aires protégées en vue de redresser la situation. Un cadre
gouvernemental d’orientation a été rendu public en juillet 2000. Le
gouvernement québécois s’y engage à augmenter sa superficie d’aires
protégées à 8 % d’ici 2005 et à assurer la sauvegarde de toute sa
diversité biologique. Le ministre de l’Environnement a été désigné pour
coordonner, conjointement avec le ministre responsable de la Société de la
faune et des parcs du Québec et le ministre des Ressources naturelles, l’élaboration
d’une stratégie à cet effet, laquelle devra être déposée en 2001.
Cette stratégie québécoise proposera divers moyens pour augmenter la
superficie des aires protégées au Québec en ciblant d’abord les terres
publiques. Puis, pour atteindre son objectif de conservation, le Québec doit
viser aussi une fraction des terres privées. Dans ce cas, les actions de
conservation ne peuvent être posées que par les propriétaires eux-mêmes. C’est
dans ce contexte que le ministre de l’Environnement a présenté, en octobre
2000, un projet de loi sur les réserves naturelles en milieu privé.
Ce projet de loi vise à permettre, à un propriétaire privé ou à un
organisme de conservation, de s’engager directement dans la conservation de
milieux naturels privés, tout en demeurant propriétaire du terrain, et à
permettre la reconnaissance légale d’une propriété privée comme réserve
naturelle.
La préoccupation des citoyens au regard des OGM
À la préoccupation de sauvegarder les milieux naturels et les espèces
vivantes s’est ajouté un autre défi planétaire, celui que posent les
modifications génétiques délibérément effectuées sur des organismes
vivants. Le débat sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) est
devenu une préoccupation sérieuse des citoyens.
Les pressions de la société civile ont conduit les Nations Unies à
adopter une approche de précaution dans ce dossier. Lors de la 1re
Conférence extraordinaire des Parties à la Convention des Nations Unies
sur la diversité biologique, tenue en janvier 2000 à Montréal, les 138
pays participants ont adopté le Protocole de Cartagena sur la prévention
des risques biotechnologiques. Cet accord établit des règles pour
encadrer la circulation, la manipulation et l’utilisation des organismes
vivants modifiés qui peuvent avoir des effets défavorables sur la
conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique et
comporter des risques pour la santé humaine.
Dans la foulée de la stratégie québécoise sur la diversité biologique,
le gouvernement confiait au ministère de l’Environnement la responsabilité
d’élaborer une stratégie gouvernementale permettant au Québec de s’inscrire
dans la démarche de mise en œuvre du Protocole de Cartagena sur la prévention
des risques biotechnologiques et d’être, à cet égard, partie prenante
aux discussions canadiennes et internationales. Le Ministère entend consulter
les ministères et organismes concernés de même que ses principaux
partenaires pour élaborer ladite stratégie.
La protection des sols
Le sol constitue un élément vital de l’écosystème, au même titre que
l’eau et l’air. Il s’agit d’une ressource limitée qui doit être
protégée et, là où elle est dégradée, restaurée. Les sols contaminés
constituent pour les municipalités un handicap environnemental et
économique. On trouve en milieu urbain, et principalement dans les vieux
centres industriels, la plupart des 4 300 terrains contaminés répertoriés
au Québec.
Le ministère de l’Environnement publiait, en 1998, une version
renouvelée de la politique de protection des sols et de réhabilitation des
terrains contaminés. Cette politique vise la protection des sols et de l’eau
souterraine, en prévenant leur contamination ponctuelle ou diffuse pouvant
résulter d’activités industrielles ou commerciales. Elle favorise
également la réhabilitation et la valorisation des terrains contaminés.
Pour permettre la mise en œuvre de cette politique, le ministère de l’Environnement
a proposé à l’Assemblée nationale, en novembre 2000, des modifications à
la Loi sur la qualité de l’environnement, dans le but d’attribuer
à son ministre divers pouvoirs d’ordonnance, notamment pour obliger la
caractérisation des terrains et la mise en place de plans de réhabilitation.
Dans la foulée de cette politique, le ministre de l’Environnement
lançait en 1998 un programme de réhabilitation des terrains contaminés en
milieu urbain pour les villes de Montréal et de Québec. Ce programme, s’étalant
sur cinq ans, propose une aide financière à ces deux municipalités et aux
propriétaires privés pour réhabiliter et valoriser des terrains contaminés
présentant un potentiel de développement économique. Puis, en mai 2000, ce
programme était prolongé jusqu’à 2005 et étendu à l’ensemble des
municipalités du Québec.
La gestion des matières résiduelles
À la fin des années 1980, le Québec se dotait d’une Politique de
gestion intégrée des déchets solides répondant aux préoccupations
grandissantes des Québécoises et des Québécois quant à la façon dont
notre société s’occupait de ses résidus. Cette politique visait notamment
à réduire la quantité des résidus envoyés à l’élimination chaque
année de 50 % d’ici l’an 2000. Le gouvernement, les organismes municipaux
et les entreprises ont, depuis, mis en place divers outils permettant la
réduction à la source, le réemploi, le recyclage et la valorisation des
matières résiduelles. La population a également été mise à contribution
en étant invitée à utiliser les bacs à récupération.
Après une audience publique sur la gestion des matières résiduelles
tenue en 1996 par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, le
ministre de l’Environnement publiait en 1998 le Plan d’action
québécois sur la gestion des matières résiduelles 1998-2008, devenu en
septembre 2000, la Politique québécoise de gestion des matières
résiduelles 1998-2008. La société québécoise se donne alors pour
objectifs de récupérer et de valoriser, d’ici 2008, plus de 65 % des
résidus pouvant être mis en valeur et de rendre les activités d’élimination
des matières résiduelles plus sécuritaires. Ces objectifs permettront de
réduire la quantité de résidus au point où le seul résidu à éliminer
serait le déchet ultime, soit celui restant après le tri, le conditionnement
et la mise en valeur du plus grand potentiel possible de l’ensemble des
matières résiduelles.
Afin d’atteindre ces objectifs, le Ministère a mis sur pied le Programme
d’aide aux entreprises d’économie sociale oeuvrant dans le secteur des
matières résiduelles. Doté d’un budget initial de 17 millions de dollars,
ce programme, qui a été lancé en décembre 1999, favorise l’émergence ou
le développement des entreprises d’économie sociale actives dans les
domaines de la récupération, du recyclage, de la réparation et de la
revente de produits issus de la récupération
Dans le contexte de la mise en œuvre de la politique québécoise, le
ministère de l’Environnement s’appuie de façon toute particulière sur
la Société québécoise de récupération et de recyclage (RECYC-QUÉBEC).
Cette société d’État, qui relève du ministre, a pour principale mission
de promouvoir, de développer et de favoriser la réduction, le réemploi, la
récupération et le recyclage de contenants, d’emballages, de matières ou
de produits, de même que leur valorisation dans une perspective de
conservation des ressources.
L’amélioration continue de la prestation de services aux citoyens
En 1994, le ministère de l’Environnement se donnait un plan d’amélioration
continue de la qualité des services à la population s’inspirant de quatre
objectifs : faire plus rapidement, plus simplement, plus clairement et
agir en concertation. Parmi les actions complétées, le Ministère s’est
doté d’un code de qualité des services à la clientèle, code qui vient d’être
réexaminé lors de l’élaboration de la Déclaration de services aux
citoyens.
Dans sa démarche d’amélioration des services, le Ministère s’est
engagé à fournir des services de qualité et à agir avec plus de
célérité dans la livraison de certains services clés. Ainsi, suivant l’orientation
gouvernementale de réduction du fardeau réglementaire et administratif des
entreprises, il cherche à alléger les processus administratifs liés à l’émission
des certificats d’autorisation et à la procédure d’évaluation et d’examen
des impacts sur l’environnement.
La nécessité d’accroître les connaissances environnementales
Dans un contexte où les problématiques sont de plus en plus complexes et
variées, l’acquisition de connaissances scientifiques et techniques
environnementales spécialisées devient une condition fondamentale à l’établissement
de politiques environnementales pertinentes. Ainsi, il est nécessaire que les
spécialistes du ministère de l’Environnement recherchent une information
globale et scientifique leur permettant de dégager clairement les enjeux
environnementaux.
Par ailleurs, dans un souci de transparence administrative, le Ministère
veut rendre compte adéquatement au gouvernement et à la population de l’état
de l’environnement et des pressions qui y sont exercées. Il cherche
constamment à mettre en lumière les liens de cause à effet entre ces
pressions et l’état des milieux. De plus, il produit des avis scientifiques
sur l’état de l’environnement et sur l’analyse des liens causals. Cela
suppose une diffusion de ces connaissances, notamment auprès de ses
partenaires et clients.
C’est pourquoi le Ministère investit dans ses programmes d’acquisition,
d’intégration et de diffusion de connaissances sur les milieux afin d’alimenter
des indicateurs mesurant l’évolution de la qualité de l’environnement.
La population québécoise a droit à une information factuelle sur sa
capacité à préserver la qualité de l’air, de l’eau et des sols et à
sauvegarder sa diversité biologique. Le ministère de l’Environnement doit
tendre à satisfaire les citoyennes et les citoyens.
Les défis organisationnels
Le contexte dans lequel se situe l’action du ministère de l’Environnement
permet de dégager les grands défis qu’il est appelé à relever. Le
Ministère utilise de façon optimale l’ensemble de ses ressources et,
lorsque cela est crucial, effectue des choix pour mieux centrer ses activités
sur les nécessités de l’heure. Au cours des prochaines années, il fera
face à certains défis organisationnels, dont la mise en œuvre de contrats
de performance et d’imputabilité avec ses deux unités autonomes de service
(ou agences), une utilisation accrue et judicieuse des nouvelles technologies
et le renouvellement de son personnel.
- La conclusion de deux conventions de performance et d’imputabilité
Le ministère de l’Environnement dispose déjà d’une unité autonome
de service (ou agence) : le Centre d’expertise en analyse
environnementale du Québec (CEAEQ). Le mandat de ce dernier est de fournir
des services d’analyse de laboratoire pour la caractérisation biologique,
chimique, microbiologique et toxicologique de rejets et de milieux
environnementaux (eau, air, sol, flore, faune), des services d’étude sur
le terrain et en écotoxicologie. De plus, le CEAEQ gère, pour le compte du
Ministère, des programmes d’accréditation permettant de reconnaître la
compétence d’entreprises québécoises et d’entreprises situées à l’extérieur
du Québec, réalisant des activités de prélèvement ou oeuvrant à titre
de laboratoires en analyse environnementale. L’expertise du Centre est
mise à contribution dans une multitude de dossiers ministériels, notamment
pour le contrôle réglementaire, le suivi de la qualité du milieu et le
suivi des émissions et des polluants. Le CEAEQ poursuit également ses
recherches visant à améliorer les méthodes d’analyse environnementale.
Une convention de performance et d’imputabilité pour le Centre est en
préparation.
Par ailleurs, dans le cadre de la modernisation de la gestion publique,
le ministère de l’Environnement prépare la mise en place d’une
deuxième agence, le Centre d’expertise hydrique du Québec, avec lequel
il conviendra d’une convention de performance et d’imputabilité. Le
mandat de ce nouveau centre sera de mieux assumer les responsabilités à l’égard
de quatre domaines d’activité, à savoir l’acquisition de connaissances
sur le milieu hydrique, l’exploitation des barrages publics, la sécurité
des barrages privés et publics de même que la gestion du domaine hydrique
de l’État.
- Une utilisation judicieuse des nouvelles technologies
Les nouvelles technologies de l’information et des communications
(NTIC) jouent un rôle déterminant dans l’atteinte de certains objectifs
du ministère de l’Environnement. Pour faciliter l’accès à ses
services et pour réduire les délais, le Ministère a mis dans Internet
certains formulaires. Il prévoit généraliser cette pratique à tous ses
formulaires administratifs. Il utilise aussi Internet pour faire connaître
et expliquer ses services et ses programmes aux citoyens. De plus, le
Ministère veut utiliser les NTIC pour faciliter la collecte de données
liées à certains contrôles, comme ce sera le cas des informations
relatives à la qualité de l’eau.
- Une planification de la main-d’œuvre
Compte tenu de l’âge moyen de son personnel et, conséquemment, du
nombre important de départs à la retraite au cours des prochaines années,
le Ministère a préparé un plan de main-d’œuvre pour répondre à ses
responsabilités accrues dans les domaines de la gestion de l’eau, de la
gestion de la pollution agricole et dans celui des changements climatiques.
Ce plan est axé sur le recrutement à faire auprès des universités et des
collèges ainsi que sur la mise en place d’un programme de relève
interne.
Une gestion judicieuse des ressources
Pour l’exercice financier 2001-2002, le ministère de l’Environnement
répartit ses ressources afin d’appuyer les dossiers prioritaires suivants.
: le Ministère attribue les ressources
nécessaires afin d’exercer un contrôle plus rigoureux de la qualité de
l’eau et de consolider ses services régionaux d’inspection et de
contrôle des systèmes d’exploitation d’eau potable. De plus, le
Ministère favorise une gestion globale de la ressource eau en soutenant
financièrement la création de comités ayant pour mandat d’oeuvrer à la
gestion des usages de l’eau à l’échelle des bassins versants.
Gestion environnementale en milieu agricole : le Ministère
consolide ses services régionaux d’inspection et de contrôle des
exploitations agricoles et investit des sommes visant à soutenir le milieu
agricole dans ses efforts de dépollution afin de préserver la qualité de l’eau.
Sécurité des barrages : le Ministère affecte les ressources
nécessaires afin de s’assurer, notamment par les activités de
surveillance et d’entretien appropriées, que chacun des barrages publics
respecte les nouvelles normes de sécurité réglementaires.
Gestion des changements climatiques : le Ministère a choisi d’injecter
des ressources pour soutenir la mise en œuvre du Plan d’action québécois
2000-2002 sur les changements climatiques. Ces sommes visent à appuyer
les interventions dans le domaine du transport, notamment le développement d’un programme d’inspection et d’entretien des véhicules lourds
et légers, et ce, dans le but de favoriser la réduction des émissions de
gaz à effet de serre.
Conservation de la biodiversité : le Ministère investit dans l’élaboration
de la stratégie québécoise sur les aires protégées et dans la mise en
place d’un programme pour favoriser la création d’aires protégées en
milieux naturels privés.
Réhabilitation des terrains contaminés : afin d’en
accroître les bénéfices, le Ministère étend le programme de
réhabilitation de terrains contaminés Revi-Sols à l’ensemble du
territoire québécois incluant les zones périurbaines. Des sommes
additionnelles serviront à combler les besoins non pourvus dans la région
de Montréal.
Gestion des matières résiduelles : le Ministère ajuste ses
ressources pour mieux soutenir les instances municipales dans l’élaboration
de leur plan régional de gestion des matières résiduelles. De plus, le
Ministère a choisi d’investir davantage dans le soutien aux entreprises d’économie
sociale œuvrant dans le secteur de la gestion des matières résiduelles.
Cette approche représente une des mesures les plus prometteuses de la Politique
québécoise de la gestion des matières résiduelles 1998-2008.
Recherche et développement en environnement : le Ministère
intensifie ses efforts de soutien auprès des centres de recherche et
auprès des entreprises qui poursuivent des projets de recherche et de
développement de connaissances, notamment en ce qui concerne les milieux
aquatiques, les changements climatiques, l’agroenvironnement et la
conservation de la biodiversité. De plus, le Ministère participe au projet
de création de l’Institut de recherche et de développement sur les
problématiques environnementales des Îles-de-la-Madeleine.
Compte tenu du contexte dans lequel il évolue et de ses capacités
organisationnelles, le ministère de l’Environnement a retenu les cinq
enjeux stratégiques suivants pour la période 2000-2003.
La prestation de services aux citoyens
L’amélioration de sa prestation de services à ses différents groupes
de clientèle constitue une préoccupation majeure du ministère de l’Environnement.
Conscient de certains irritants administratifs ressentis par sa clientèle, le
Ministère a le défi d’alléger certains processus clés, tout en assumant
pleinement son rôle de protection de l’environnement. Il prend des
engagements fermes à l’égard de la qualité, de l’accessibilité et de
la célérité de ses services.
La gestion de l’eau
Le Québec occupe une position stratégique sur le plan mondial en ce qui
concerne l’eau douce. Déjà, on entrevoit des pénuries d’eau d’ici 50
ans dans plusieurs pays. Au Québec, on constate qu’il y a gaspillage de
cette ressource et qu’il y a de nombreuses incompatibilités d’usages. L’urgence
d’une gestion de la ressource eau dans une perspective intégrée et durable
constitue un défi prioritaire pour le ministère de l’Environnement.
Des normes plus sévères et des contrôles resserrés donneront aux
citoyens québécois une plus grande confiance dans la qualité de l’eau de
consommation. Le défi est de taille pour le Ministère puisqu’il aura à
mettre en place de nouvelles règles et de nouveaux contrôles. Cette action
nécessitera un arrimage avec d’autres partenaires, notamment le ministère
des Affaires municipales et de la Métropole.
De nombreux programmes d’assainissement ont permis de réduire
considérablement les polluants présents dans les eaux. Cependant, la
pollution d’origine agricole, de plus en plus mise en évidence, affecte
dangereusement la qualité des eaux dans certaines régions. La réduction de
ce type de pollution représente une préoccupation importante pour la
société québécoise et constitue un défi de taille pour le ministère de l’Environnement
et ses partenaires.
Par ailleurs, l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur la
sécurité des barrages exige du Ministère la mise en œuvre d’outils
pour assurer le respect des dispositions.
Les changements climatiques et les autres problématiques
atmosphériques
Le Québec occupe une place enviable sur la scène internationale pour ses
efforts déployés dans la réduction des gaz à effet de serre et sa prise en
charge de mesures concrètes pour se préparer à de probables perturbations
climatiques. Cependant, des efforts supplémentaires de sa part sont
nécessaires, notamment pour réduire les émissions de gaz à effet de serre
découlant du transport. La réduction des gaz à effet de serre est un défi
planétaire auquel le ministère de l’Environnement adhère entièrement.
Pour mieux protéger le Québec contre l’acidification des
précipitations, du smog et des toxiques aéroportés qui affectent
grandement ses écosystèmes et menacent la santé humaine, la faune et la
flore, le Ministère s’apprête à renouveler le cadre réglementaire et
normatif, notamment par la modernisation du Règlement sur la qualité de l’atmosphère.
La réduction des polluants atmosphériques sur le territoire québécois
figure parmi ses défis prioritaires.
Par ailleurs, pour rester solidaire des efforts internationaux visant à
éliminer les substances appauvrissant la couche d’ozone, le Québec entend
renforcer ses normes environnementales en cette matière pour atteindre celles
visées par les accords nationaux et internationaux.
La conservation de la diversité biologique
Le Québec se distingue par une grande diversité biologique. Cependant,
son territoire dispose de trop peu d’aires protégées pour garantir
véritablement la sauvegarde des divers types d’écosystèmes qui le
composent. Il a donc le défi de corriger la situation en augmentant la
proportion de superficies protégées sur son territoire.
Par ailleurs, le Québec doit protéger sa biodiversité contre des effets
possibles des manipulations génétiques. Aussi, le ministère de l’Environnement
proposera au gouvernement, en concertation avec ses partenaires, un cadre de
gestion québécois sur les risques biotechnologiques.
La promotion du développement durable
La préservation du capital naturel, dans un contexte de mondialisation,
doit prendre une nouvelle forme, soit celle du développement durable, sinon
le Québec ne saura répondre adéquatement aux besoins futurs de sa
population. Dans ce contexte, la promotion du développement durable auprès
des acteurs clés du développement économique du Québec constitue un défi
de taille pour le ministère de l’Environnement.
Par ailleurs, conçu il y a un quart de siècle, le régime québécois de
protection de l’environnement doit être modernisé. Même s’il est jugé
efficace, il a quand même besoin d’être adapté aux contextes et aux
tendances qui se profilent en matière de politiques environnementales. La
modernisation de ce régime est un défi important auquel le Ministère s’affairera
activement.

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